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Législatives

Législatives 1951

Système électoral

représentation proportionnelle départementale (scrutin de liste, méthode de la plus forte moyenne) avec mécanisme des apparentements (loi du 9 mai 1951), scrutin à un seul tour (IVe République) ; première application de ce système, reconduit en 1956

Contexte

Deuxième élection législative de la IVe République, tenue le 17 juin 1951 sous le gouvernement sortant Henri Queuille III (Troisième Force) ; René Pleven forme un nouveau gouvernement peu après (août 1951). La loi du 9 mai 1951 dite « loi des apparentements » a été votée par les partis de la coalition gouvernementale (SFIO, MRP, Radicaux/RGR, Modérés, UDSR) réunis dans la « Troisième Force » face à une double opposition : le PCF (exclu du gouvernement depuis mai 1947, contexte de Guerre froide et de guerre d'Indochine contestée par les communistes) et le RPF gaulliste (fondé par de Gaulle en 1947, hostile au « régime des partis »). Le mécanisme permettait à des listes apparentées d'obtenir la totalité des sièges d'un département si leur total dépassait 50 % des suffrages exprimés ; sur 103 circonscriptions, l'apparentement était possible dans 95 et effectivement utilisé dans 87. Selon l'analyse contemporaine de Peter Campbell (Revue française de science politique, 1951), la loi du 9 mai a permis l'élection d'une majorité centriste de 402 députés, alors que l'ancien mode de scrutin aurait abouti à une minorité de seulement 301 députés pour ces mêmes partis. Le PCF arrive en tête en voix au niveau national mais obtient une représentation parlementaire nettement inférieure à son poids électoral ; le RPF réalise une percée notable mais est également pénalisé par le mécanisme, faute de pouvoir s'apparenter. Cette élection prolonge la formule des gouvernements de Troisième Force jusqu'en 1958. Autres enjeux de la campagne : guerre d'Indochine, inflation et pouvoir d'achat, reconstruction, débuts de la construction européenne (plan Schuman, signé en avril 1951).

Résultat

17 juin 1951 · Participation 80,10 %

Résultats nationaux, résultatLégislatives 1951
Candidat / parti%VoixSièges
Parti communiste français (PCF)25,90 %4 910 547103
Rassemblement du Peuple Français (RPF)21,76 %4 125 492121
Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO)14,48 %2 744 842107
Centre national des indépendants (CNI, futur CNIP) et apparentés Modérés14,01 %2 656 99596
MRP (Mouvement républicain populaire) / Centre Démocrate12,50 %2 369 77894
RGR (Rassemblement des gauches républicaines : Parti radical, radicaux indépendants, UDSR et formations conservatrices alliées)9,95 %1 887 58390
Extrême gauche (hors PCF)0,77 %146 0580
Non-inscrits / Divers (incluant une partie des élus d'outre-mer, ex. Rassemblement démocratique africain, Indépendants d'outre-mer)0,46 %87 34613
Divers gauche0,18 %33 3933

Programmes6

Parti communiste français (PCF)Parti communiste français (PCF)2
  • Positionnement en opposition frontale au gouvernement et à la politique de Guerre froide/d'alignement atlantique, le PCF étant exclu de toute coalition gouvernementale depuis mai 1947International & Europe
  • Opposition à la guerre d'Indochine et à l'envoi de renforts, dans la continuité de la mobilisation du parti engagée depuis fin 1949 (grèves des dockers contre l'expédition de matériel militaire)International & Europe
Rassemblement du Peuple Français (RPF)Gaullistes et héritiers (RPF → UNR → UDR → RPR → UMP → LR)4
  • Réforme des institutions et renforcement du pouvoir exécutif ; rejet du « régime des partis » de la IVe RépubliqueDémocratie & institutions
  • « Association capital-travail », présentée comme une troisième voie entre capitalisme et collectivisme (développée par de Gaulle dans son discours de Saint-Étienne du 4 janvier 1948)Économie & emploi
  • Opposition au plan Schuman / à la future CECA, jugés contraires à l'indépendance nationaleInternational & Europe
  • Anticommunisme et défense de l'Union française face à la progression communiste et à la guerre d'IndochineInternational & Europe
Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO)Parti socialiste et héritiers (SFIO → PS)2
  • Campagne mettant en avant la gestion municipale et les qualités de l'élu local, dans la continuité du réformisme municipal du partiDémocratie & institutions
  • Défense de la laïcité, en opposition aux lois Marie et Barangé (votées en septembre 1951 avec les voix du MRP, du RPF et des Modérés) qui étendent les subventions publiques à l'enseignement privéDémocratie & institutions
Centre national des indépendants (CNI, futur CNIP) et apparentés ModérésLibéraux et indépendants (CNIP → Républicains indépendants → Démocratie libérale)3
MRP (Mouvement républicain populaire) / Centre DémocrateMouvement démocrate et héritiers (MRP → UDF → MoDem)3
  • Défense de la liberté de l'enseignement et de l'« école libre » (aboutira aux lois Marie et Barangé de septembre 1951)Éducation
  • Réformes sociales dans la continuité du programme du Conseil National de la RésistanceSocial & solidarités
  • Opposition au marxisme ; soutien à la construction européenne (plan Schuman, porté par Robert Schuman, figure du MRP)International & Europe
RGR (Rassemblement des gauches républicaines : Parti radical, radicaux indépendants, UDSR et formations conservatrices alliées)Radicaux valoisiens (Parti radical)2
  • Attachement à la laïcité et à l'école publique, position en tension avec le MRP au sein de la coalition de Troisième ForceDémocratie & institutions
  • Défense de la propriété privée ; positionnement de parti « charnière » capable de s'allier tantôt avec les socialistes, tantôt avec la droiteÉconomie & emploi

Notes méthodologiques4

  • Les chiffres de voix par parti (nombre absolu) sont cohérents entre Wikipédia FR et france-politique.fr. Les chiffres de sièges varient en revanche selon les sources — phénomène documenté de l'historiographie de cette élection, lié à la complexité du système d'apparentements et au traitement variable des élus d'Algérie/outre-mer et des non-inscrits. Trois jeux de chiffres identifiés : Wikipédia FR (627 sièges, retenu ici, auto-cohérent), Nohlen & Stöver via Wikipédia EN (544 sièges, métropole seule), page officielle de l'Assemblée nationale (610 sièges).
  • Le taux de participation est cité de façon légèrement différente selon les sources : 80,19 % / 80,1 % / 79,62 %. La valeur retenue (80,1) est la médiane approximative de ces estimations convergentes.
  • Aucun sondage d'intentions de vote antérieur au scrutin n'a pu être authentifié malgré une recherche ciblée ; le tableau sondages est donc vide plutôt qu'inventé.
  • Un seul slogan de campagne directement documenté et sourcé a été trouvé (RPF) ; pour les autres partis, aucun slogan spécifique à la campagne de juin 1951 n'a pu être vérifié.

Sources