Aller au contenu
Smart Vote.Faire un don
Législatives

Législatives 1968

Système électoral

majoritaire uninominal à deux tours par circonscription (487 sièges)

Contexte

Élections législatives anticipées convoquées par le président Charles de Gaulle, qui annonce le 30 mai 1968 la dissolution de l'Assemblée nationale en pleine crise de Mai 68 (grèves générales, occupations d'usines et d'universités, quasi-paralysie du pays). Le scrutin se tient les 23 et 30 juin 1968, une fois le calme revenu. Il se traduit par une large victoire de la majorité sortante (UDR et alliés), qui obtient la plus large majorité parlementaire absolue de l'histoire de la Ve République à cette date. Plusieurs commentateurs et historiens ont rapproché l'ampleur de cette victoire de celle du Bloc national en 1919 (Assemblée alors surnommée « Chambre bleu horizon ») ; l'élection de 1968 est elle-même parfois qualifiée a posteriori d'« élections de la peur », certaines analyses avançant qu'une partie des électeurs aurait voté par crainte du désordre plutôt que par adhésion positive au gaullisme.

01

1er tour

23 juin 1968 · Participation 80,00 %

Résultats nationaux, premier tourLégislatives 1968
Candidat / parti%VoixSièges
Républicains indépendants (RI)
Union des démocrates pour la République (UDR) — gaulliste43,64 %9 663 605
Parti communiste français (PCF)20,03 %4 435 357
FGDS (Fédération de la gauche démocrate et socialiste) ; candidature également soutenue par le PCF16,53 %3 661 003
PDM (Progrès et Démocratie Moderne, centristes)10,34 %2 290 165
Divers droite4,14 %917 539
Extrême gauche (dont PSU)3,95 %874 213
Autres petits partis / divers1,06 %234 175
02

2e tour

30 juin 1968 · Participation 77,80 %

Résultats nationaux, second tourLégislatives 1968
Candidat / parti%VoixSièges
Non-inscrits / divers9
Républicains indépendants (RI)61
Union des démocrates pour la République (UDR) — gaulliste46,39 %293
FGDS (Fédération de la gauche démocrate et socialiste) ; candidature également soutenue par le PCF21,25 %57
Parti communiste français (PCF)20,14 %34
PDM (Progrès et Démocratie Moderne, centristes)7,83 %33

Programmes1

Union des démocrates pour la République (UDR) — gaullisteGaullistes et héritiers (RPF → UNR → UDR → RPR → UMP → LR)2
  • Défense de l'ordre public et de la légalité républicaine après la crise de Mai 68Sécurité & justice
  • Politique de « participation » des salariés à la marche et aux fruits de l'entreprise, présentée par le général de Gaulle comme une « troisième voie » entre capitalisme et communismeÉconomie & emploi

Notes méthodologiques4

  • Les résultats du 1er tour varient légèrement selon les sources selon la façon dont sont agrégées les listes communes UDR/Républicains indépendants ; la table ci-dessus retient la version explicitement sourcée « ministère de l'Intérieur » (via france-politique.fr), interne cohérente (~99,7% des exprimés).
  • Les sièges définitifs par groupe parlementaire (293 UDR / 61 RI / 33 PDM / 57 FGDS / 34 PCF / 9 non-inscrits = 487) sont cohérents entre plusieurs sources indépendantes.
  • Le scrutin s'est tenu moins d'un mois après l'annonce de la dissolution, dans un climat dominé par le thème de l'ordre plutôt que par un débat programmatique détaillé ; peu de sources documentent des propositions précises pour ce scrutin — seuls les éléments effectivement sourcés sont indiqués.
  • La phrase « La réforme oui, la chienlit non » est une déclaration privée attribuée au général de Gaulle vers le 18-19 mai 1968 (avant la dissolution du 30 mai), et non une affiche de campagne UDR retrouvée telle quelle ; elle est néanmoins présentée par plusieurs sources comme ayant structuré le thème de campagne de juin.

Sources