Aller au contenu
Smart Vote.Faire un don
Législatives

Législatives 1973

Système électoral

majoritaire uninominal à deux tours par circonscription (490 sièges)

Contexte

Élections tenues sous la présidence de Georges Pompidou (élu en 1969), avec Pierre Messmer comme Premier ministre depuis juillet 1972. Il s'agit de la première élection législative où le Parti socialiste (refondé au congrès d'Épinay en juin 1971 sous la direction de François Mitterrand) et le Parti communiste français font campagne unis autour du « Programme commun de gouvernement », signé le 12 juillet 1972 à l'Hôtel Continental à Paris par François Mitterrand (PS), Georges Marchais (PCF) et Robert Fabre (MRG). La majorité présidentielle sortante (UDR, Républicains indépendants giscardiens, centristes du Centre Démocratie et Progrès) s'est regroupée dans l'Union des Républicains de Progrès (URP) et conserve la majorité absolue à l'Assemblée nationale à l'issue du second tour, mais avec un net recul par rapport à 1968 (l'UDR seule passe d'environ 293 à 183-184 sièges). Les deux blocs (majorité présidentielle et Union de la gauche) rassemblent à eux seuls plus de 80 % des suffrages exprimés au premier tour, confirmant une bipolarisation croissante de la vie politique française. Un troisième pôle, le Mouvement réformateur (Jean Lecanuet, Jean-Jacques Servan-Schreiber), double sa représentation (de 15 à 31 sièges) en se positionnant comme « troisième force » entre les deux blocs. C'est aussi le premier scrutin national du Front national, fondé en octobre 1972, qui obtient un score marginal.

01

1er tour

4 mars 1973 · 29 883 738 inscrits · Participation 81,31 %

Résultats nationaux, premier tourLégislatives 1973
Candidat / parti%VoixSièges
Union des démocrates pour la République (UDR) — gaulliste24,19 %5 745 542
Parti communiste français (PCF)21,41 %5 085 356
PS (Parti socialiste)19,10 %4 537 348
Mouvement réformateur13,26 %3 149 118
Républicains indépendants (RI)7,16 %1 700 806
Divers majorité / divers droite5,08 %1 207 166
Centre Démocratie et Progrès (CDP)3,85 %914 397
Parti socialiste unifié (PSU)1,95 %463 537
MRG (Mouvement des radicaux de gauche)1,72 %408 734
Extrême gauche (Lutte ouvrière, Ligue communiste, etc.)1,24 %294 693
Extrême droite (dont Front national)0,62 %147 283
02

2e tour

11 mars 1973 · 27 014 690 inscrits · Participation 81,77 %

Résultats nationaux, second tourLégislatives 1973
Candidat / parti%VoixSièges
Extrême gauche (Lutte ouvrière, Ligue communiste, etc.)0
Extrême droite (dont Front national)0
Union des démocrates pour la République (UDR) — gaulliste33,26 %7 103 036184
PS (Parti socialiste)22,17 %4 734 88989
Parti communiste français (PCF)20,61 %4 402 02573
Républicains indépendants (RI)7,95 %1 696 71654
Mouvement réformateur6,78 %1 448 63931
Centre Démocratie et Progrès (CDP)4,22 %901 10923
MRG (Mouvement des radicaux de gauche)2,58 %551 44512
Divers majorité / divers droite1,60 %340 70919
Parti socialiste unifié (PSU)0,28 %59 4481

Programmes7

Union des démocrates pour la République (UDR) — gaullisteGaullistes et héritiers (RPF → UNR → UDR → RPR → UMP → LR)4
  • Défense du bilan du septennat pompidolien (dont l'abaissement de la majorité électorale à 19 ans et diverses réformes sociales engagées)Démocratie & institutions
  • Rejet du Programme commun, présenté par l'UDR comme porteur d'un projet « collectiviste »Économie & emploi
  • Mise en garde, portée par l'UDR, contre un risque de retour à l'instabilité parlementaire de type IVe République en cas de victoire de la gaucheDémocratie & institutions
  • Publication du pamphlet « Le Piège », critique point par point du Programme commun par trois responsables UDRÉconomie & emploi
Centre Démocratie et Progrès (CDP)Mouvement démocrate et héritiers (MRP → UDF → MoDem)1
  • Composante centriste de l'Union des Républicains de Progrès, alliée à l'UDR et aux RI en soutien à Georges PompidouDémocratie & institutions
Parti communiste français (PCF)Parti communiste français (PCF)6
  • Nationalisation de l'ensemble du secteur bancaire et financier (dont Paribas et Suez) et de groupes industriels dans les secteurs jugés stratégiques (sidérurgie, chimie, électronique, armement, pharmacie)Économie & emploi
  • Relèvement du SMIC à 1 000 francs par moisFiscalité & pouvoir d'achat
  • Abaissement de l'âge de la retraite à 60 ans pour les hommes et 55 ans pour les femmesSocial & solidarités
  • Réduction du temps de travail (semaine de 39 heures)Économie & emploi
  • Extension du congé maternité et gratuité de certains soins et de l'enseignementSocial & solidarités
  • Réformes institutionnelles : abaissement de la majorité civile à 18 ans, extension de la représentation proportionnelle, décentralisation, abolition de la peine de mortDémocratie & institutions
PS (Parti socialiste)Parti socialiste et héritiers (SFIO → PS)6
  • Relèvement du SMIC à 1 000 francs par moisFiscalité & pouvoir d'achat
  • Abaissement de l'âge de la retraite à 60 ans pour les hommes et 55 ans pour les femmesSocial & solidarités
  • Réduction du temps de travail (semaine de 39 heures)Économie & emploi
  • Extension du congé maternité et gratuité de certains soins et de l'enseignementSocial & solidarités
  • Nationalisation de l'ensemble du secteur bancaire et financier (dont Paribas et Suez) et de groupes industriels dans les secteurs jugés stratégiques (sidérurgie, chimie, électronique, armement, pharmacie)Économie & emploi
  • Réformes institutionnelles : abaissement de la majorité civile à 18 ans, extension de la représentation proportionnelle, décentralisation, abolition de la peine de mortDémocratie & institutions
MRG (Mouvement des radicaux de gauche)Radicaux de gauche et apparentés1
  • Composante de l'Union de la gauche aux côtés du PS et du PCF, représentée par Robert Fabre lors de la signature du Programme communDémocratie & institutions
Mouvement réformateurMouvement démocrate et héritiers (MRP → UDF → MoDem)2
  • Positionnement de « troisième force », refusant à la fois l'alliance avec le PCF et la « majorité » gaullisteDémocratie & institutions
  • Publication du « Projet réformateur » par Jean Lecanuet et Jean-Jacques Servan-Schreiber (éditions Robert Laffont, 1973)Démocratie & institutions
Républicains indépendants (RI)Libéraux et indépendants (CNIP → Républicains indépendants → Démocratie libérale)1
  • Promotion d'une « société libérale avancée » conciliant libéralisme économique et extension des libertés individuelles, thème porté par Valéry Giscard d'EstaingÉconomie & emploi

Notes méthodologiques4

  • Total de sièges à l'Assemblée nationale : 490. La somme des sièges détaillés par parti au second tour dans ce document (486) est légèrement inférieure à 490 ; l'écart correspond à des circonscriptions d'outre-mer non ventilées dans la table nationale utilisée comme source principale.
  • Les pourcentages de voix par parti au premier tour, une fois additionnés (~99,6 %), n'atteignent pas exactement 100 % ; l'écart résiduel correspond probablement à des candidatures « divers gauche » ou « divers » mineures non détaillées séparément dans la source utilisée.
  • Aucun sondage d'intentions de vote de la période précédant le scrutin (fin 1972-début 1973) n'a pu être retrouvé avec un institut, une date et des scores par parti vérifiables ; le tableau sondages est donc laissé vide plutôt que rempli de données non vérifiées.
  • Divergences résiduelles entre sources sur certains sièges (étiquette électorale du 11 mars vs composition des groupes parlementaires constitués début avril 1973) : les deux variantes sont signalées quand elles existent, plutôt que de trancher arbitrairement.

Sources